lundi 6 avril 2009

Club de Conversation 27 Mars 2009: Les Elections

Rapport du Club de conversation du Vendredi 27 Mars 2009

THEME - Les élections

Introduction

Les objectifs communs du Club Conversation sont de permettre l'échange culturel à travers la discussion, et de permettre aux participants de s'exercer en utilisant leurs langues.
Cette semaine, les gens ont posé leurs propres questions. Un participant des Etats-Unis a débuté avec l'examen de la question «Pourquoi faut-il tant de temps pour publier les résultats officiels des élections ?".

Publication des résultats

La RTS a annoncé les résultats pour cette journée du vendredi, concernant la plupart des localités. La coalition Sopi 2009 (PDS) avait reçu plus de points du point de vue général, mais elle a perdu certaines importantes localités telles que Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Fatick et Thiès. La coalition Sopi a remporté la ville de Ziguinchor, au Sud du Sénégal, et est resté plus populaires dans les zones rurales. On a pensé que taux de participation tourbe entre 40% et 50%, ce que les sénégalais jugent faible et comme étant preuve du désespoir des Sénégalais face au climat politique. Par contre, un participant américain a déclaré que ce taux de participation est très élevé par rapport à son endroit d’origine qui est le New Jersey où les élections locales sont souvent un taux de participation beaucoup plus bas.

Un participant a fait observer que les résultats auraient été annoncés plus tôt, mais le parti au pouvoir savait qu'il avait perdu quelques endroits et voulais donc avoir plus de clarifications. Il poursuivit en disant que le président demanda que les résultats ne soient pas divulgués la nuit de l'élection ni à la radio, ni à la télévision. Il ya eu une certaine tristesse dans la salle par rapport à cette approche qui, du reste, n'est pas démocratique et conduit ainsi à une tendance inquiétante.

Sabotage?
Le processus électoral lui-même est géré par le ministère de l'Intérieur. Le ministère était géré la plupart du temps par des généraux apolitiques et qui pouvaient être considéré comme des personnes neutres par rapport au processus. Il ya quelques années, le président Wade a remplacé la nomination du général par la nomination d’hommes politiques. De ce fait, certains considèrent que le ministre appuie le PDS et n'est donc, par conséquent pas neutre.

Les exemples donnés sur les possibles cas de sabotage inclus les urnes livrées en retard à un tel point que certaines localité n’ont débuté à voter que vers 17h tandis que d’autres ont commencé à midi. De même, certaines zones n'avaient pas assez de fiches concernant certains candidats.

Une participante non-sénégalais a demandé si les fonctionnaires choisis seraient vraiment biaisée ou si cela ne découlait pas simplement une incompétence qui a conduit à ces événements. Il semble y avoir un consensus général concernant le fait que les fonctionnaires sont souvent politiquement motivées et que les questions logistiques et financières ont eu lieu précisément dans les régions de Dakar, où la partie adverse a été particulièrement forte, par exemple, ou à Pikine qui n'a pas débuté le vote avant 15h.

Conseil régional et élections municipales
Il y avait un peu de polémique sur la façon dont le processus électoral fonctionne. Les conseillers régionaux sont élus par le public et ils élisent ensuite les maires. Il ya 24 conseillers régionaux par mairie. La coalition Sopi a gagné plus de conseils régionaux, mais il est possible d’assister à un partage du pouvoir vu que des sièges clés ont été remportés par des candidats de la coalition Benno Siggil Sénégal, qui se trouve du coté de l’opposition.

Un message au président Wade?
Un participant non-sénégalais a demandé le degré d'importance de ces élections sachant que les prochaines échéances électorales sont pour 2012. Les participants ont pensé qu'elles étaient très importantes étant donné que les résultats sont un message clair pour dire au président que certaines personnes ne sont pas satisfaites de sa gouvernance et qu’il a besoin donc de réorganiser le pays. Il a été remarqué que l'Etat agit en général avec indifférence à l'égard de la population et le résultat des élections était un appel au gouvernement afin qu’il se ressaisisse du fait que les gens ont aussi leur mot à dire.

La question concernant le fils du président
Il a été généralement convenu que la défaite de Karim Wade est un acte d'accusation accablant concernant la volonté du Président Wade de voir son fils devenir le prochain président du Sénégal. Il a non seulement pas réussi à devenir le maire du Plateau, mais a perdu aussi au Point E qui se trouve être son fief. Cette élection a été considérée comme un "référendum" dans lequel la population a clairement donné son point de vue. Certains participants ont estimé que le président Wade a perdu surtout à cause du fait que les électeurs pensent qu'il a utilisé les fonds du gouvernement pour soutenir la campagne de son fils. Un participant a déclaré qu'il aurait été préférable que le président Wade présente son fils comme un candidat futur lorsqu’il aura lui-même quitté le pouvoir. D'autres ont considéré le fait que Karim Wade ait quitté le Sénégal le lendemain des élections pour la France comme une indication de son non engagement envers le pays.

La fracture Nord-Sud
La confirmation que la personnalité, ainsi que les affiliations politiques jouent sur le fait de gagner le sentiment des électeurs, le numéro deux de Karim Wade, Abdoulaye Baldé a acquis un solide appui dans la ville de Ziguinchor où il a détrôné le maire sortant qui y été depuis environ 20 ans. Les autres différences principales entre le résultat de Ziguinchor et de Dakar résultent, selon le groupe, du fait que les questions dont font face Dakarois ne sont pas pareil à celles dont font face leurs frères et sœurs du Sud qui ont un accès moins chers aux biens et services et ont la tendance d’être plus tributaires de la terre pour vivre. Le succès de Baldé à Ziguinchor est un résultat de l’engagement réel et de la prise en charge qu’il démontre envers cette ville incluant le fait qu’il ai été un responsable de l’ANOCI (Agence Nationale pour l’Organisation de l’OCI) plus, il passe presque tout son temps à Ziguinchor ce qui démontre la confiance que lui porte la population locale afin qu’il présente leurs intérêts au niveau national.

Le cas de Yoff
A Yoff, il semble que le PDS ait gagné, mais qu'il y ait trois candidats à la mairie qui ont reçu des résultats similaires et il se passe ensuite une sorte de révision interne en cours du processus de vote.

Le cas des Parcelles Assainies?
Aux Parcelles, une station de radio avait annoncé que Demba Dia, un chanteur, avait gagné les élections, tandis qu’une autre (soutenue par le bureau du maire) avait annoncé la victoire du maire sortant, Moussa Sy. Il ya eu une controverse a dessus au cours de la semaine, avec les deux hommes qui déclaraient qu'ils allaient se présenter au travail à la mairie. Il y avait donc beaucoup de policiers dans les rues des Parcelles afin de prévenir toute difficulté dans la rue. Les participants ont fait observer que si cette situation est tout à fait révélateur de la frustration du peuple avec des politiciens de carrière, Demba Dia est également connu pour son soutien qu’il apporte aux jeunes et aux associations des Parcelles depuis 20ans, et n’est donc pas un inconnu.

La situation actuelle

Il ya eu une discussion autour de la façon dont le Président Wade a été élu par les Sénégalais comme étant «la porte de sortie", parce qu'il était «le meilleur d'un mauvais choix », « une maladie grave plutôt qu’une maladie incurable» a dit un participant. Quelqu'un a suggéré que c'est le régime plutôt que le président Wade lui-même qui est à blâmer pour les problèmes du pays, mais un autre participant a rétorqué que le régime et le président sont une seule et même personne.

Il a été préoccupé par le fait que le Président Wade avait dépassé les bornes en abusant de ses pouvoirs par l’installation de délégation spéciales au niveau de certaines mairies durant l'automne dernier. Un exemple en est le remplacement de Mbaye Ndiaye par Moussa Sy au niveau des Parcelles Assainies.

En outre, il y avait de grandes questions sur les finances. Cela comprenait les investissements de 40 milliards CFA dans le budget du ministre du budget, qui a été considéré comme ayant reçu l’aval du président car il a pu ensuite émigrer, et le dépassement budgétaire de 240 milliards CFA(selon la Banque mondiale) fait par le gouvernement tout entier. Des questions demeurent concernant l'endroit où cet argent a été dépensé si les projets concernant la construction d'infrastructures ont été mis en attente et il n'y avait aucune justification de l’utilisation à l’endroit du citoyen moyen. Un participant a déclaré que le principal problème était que le Sénégalais moyen est mal informé sur les principes de la démocratie et la population dans son ensemble ne réclame pas la transparence et la responsabilisation du gouvernement.

La dernière critique concernant le Président Wade soit qu’il ait mélangé sa vie personnelle et professionnelle, en utilisant son pouvoir politique afin de protéger sa propre famille, en s'opposant par exemple à la personne qui a remis en question la transparence de Karim Wade sur les finances concernant l’organisation du sommet islamique.

Des observations ont été faites sur le contexte socioculturel qui fait que les niveaux d'alphabétisation des civils sont faibles, ce qui signifie que les gens n'ont pas voté sur les questions d'alliances ou de programmes déroulés, mais étaient les plus promptes à suivre la famille ou les allégeances ethniques. Une participante a déclaré qu'elle avait suivi les élections de prés dans les journaux pour connaître les programmes déroulés par les candidats, mais à l'exception de St Louis où un candidat avait promis de trouver de l'argent pour sa région, la plupart des articles de journaux ont été sur le traditionnelle «saisir et impressionner", sans une véritable politique spécifique mis en évidence.

Une participante a déclaré qu’il y a une grande tension et que des problèmes comme celui de l'université, ou l'effet de la crise économique pourraient créer un problème réel. Elle a dit que beaucoup de gens ont sentis un profond sentiment d'injustice à la somme d'argent qui a été consacré aux élections et à « l’achat des voix », alors que tant de gens sont dans la misère. D'autres ont eu à dire que le coût des élections est estimé à 5 milliards de francs CFA. Il a également été souligné que Karim Wade a également utilisé quatre avions pour sa campagne électorale. Le participant a dit que les gens veulent que le président Wade s’en aille "avant que le pays ne finisse comme la plupart des nations africaines».

Pour en savoir plus vous pouvez visiter :

http://www.24heures.ch/depeches/monde/elections-locales-senegal-test-presidentielle-2012

http://news.fr.msn.com/monde/article.aspx?cp-documentid=15299768

http://www.seneweb.com/news/article/2870.php

English links


http://www.africaontv.com/Members/dibees/news/africa-news-senegal-tense-election-build-up-ends-calmly

http://www.worldpress.org/feed.cfm?http://www.mg.co.za/article/2009-03-24-govt-admits-setbacks-in-senegal-elections

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire